« Tu auras gagné ton frère. »
La démarche qui suit n’est pas de préparer l’exclusion, mais de persévérer dans l’effort de sauver son frère en associant une aide dans cet effort. Cette phrase, « s'il t'écoute, tu auras gagné ton frère », n’est pas répétée, mais elle coule de source, elle est évidente.
Si malheureusement son frère ne l’écoute pas, il reste encore une solution, on ne se décourage pas, on ne renonce pas. Bien sûr on pourrait être contrarié qu’il ne nous écoute pas et penser hâtivement à ce stade que s’il ne nous écoute pas, il n’écoutera personne. Plutôt, on se réjouira à l’idée que s’il ne nous écoute pas, il écoutera quelqu’un d’autre dans la congrégation. On laisse de côté l’amour de soi — ou amour propre — pour penser à l’autre, notre petit frère, celui qui est si chère à notre Père.
On recherche l’aide de la congrégation. Le but à ce stade n’est pas de porter des jugements de valeur — aboutissant parfois même à des condamnations —, de l’humilier, de lui retirer des récompenses, de lui faire des reproches, de favoriser le bavardage sur son péché, de se sentir grand par rapport à lui, parce que nous ne sommes pas pécheurs comme lui. Oui, ce frère est peut-être petit à cause de son péché, mais le désir de notre Père est toujours le même :
«De même, n'est-ce pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux, qu'il ne se perde pas un seul de ces petits ?»
Ainsi, chaque membre de la congrégation à l’occasion d’aider ce frère, de démontrer son amour à son égard. L’effort que chacun peut faire à l’égard de ce frère sera salutaire, non seulement pour le pécheur, mais aussi pour celui qui défendra la haine du péché. La congrégation est un corps, si un membre est malade, le désir du corps est de guérir de l’infection et non de se précipiter dans l’amputation de ce membre. D’ailleurs, le corps physique nous montre qu’il lutte tout entier contre une infection. S’il écoute la congrégation, « tu auras gagné ton frère ».